Championnat du monde d’échecs 2018 : le quatrième pour Magnus Carlsen

Par le 5 décembre, 2018

Le Norvégien Magnus Carlsen a dominé son adversaire Fabiano Caruana lors du départage, après douze parties nulles très peu convaincantes. 

C’est un lieu où l’on marche à pas feutrés. La tradition veut qu’il n’y ait aucun bruit ni aucun mouvement brusque, pas plus de la part des joueurs que des spectateurs.

Derrière un cordon séparant ceux-ci du podium, sur lequel sont installées la table et les deux chaises, les regards inquisiteurs et interrogateurs se multiplient, les flashs des photographes crépitent : les deux champions arrivent.

Ils s’installent l’un en face de l’autre et attendent que la personnalité du jour donne le coup d’envoi fictif de la partie. Ils se serrent la main et la pendule est mise en route. Un coup de pion des blancs et les noirs répliquent aussitôt. Les premiers coups sont récités par les deux joueurs en un minimum de temps. Puis, la réflexion laisse place à la rapidité de l’ouverture*, ce qui plonge nos champions dans une réflexion plus intense et donc, beaucoup plus longue.

Ce 9 novembre 2018 a débuté le championnat du monde d’échecs, à Londres. C’est la troisième fois d’affilée que Magnus Carlsen, le champion en titre, doit défendre sa couronne, acquise pour la première fois en 2013.

Magnus est né en 1990 en Norvège. C’est le numéro 1 mondial au classement Elo* devant son challenger, le 2ème mondial, l’américano-italien Fabiano Caruana, né en 1992 à Miami et qui a gagné le droit d’affronter le tenant du titre après avoir remporté le tournoi des candidats. Chacun des deux joueurs est affublé d’un staff de grand-maîtres* de premiers plans qui les aide à se préparer et à analyser les stratégies de l’adversaire. L’objectif est d’éviter au maximum les surprises en travaillant en profondeur les parties de leur adversaire et les lignes principales de chaque ouverture jouées habituellement par les deux joueurs.

La situation devient critique pour l’Américain…

Les parties, au nombre de douze, se succèdent et les nulles aussi. Certaines d’entre elles auraient pourtant mérité d’être approfondies. Les deux prétendants au titre ne prennent aucun risque et annulent dès qu’ils le peuvent.

Le destin du championnat du monde va donc se jouer sur quatre parties rapides de départages*, le mercredi 28 novembre : 25 minutes chacun + dix secondes par coup joué. A ce jeu-là, Magnus est très fort car il sait mettre la pression sur son adversaire. Les meilleurs coups étant très difficiles à trouver avec aussi peu de temps de réflexion, il pousse une première fois son challenger dans les cordes qui n’a plus assez de temps pour bien réfléchir et commet des erreurs.

Magnus 1, Fabiano 0. Mais il reste encore trois autres parties à jouer et rien n’est fait.

Caruana veut sa revanche et, à vouloir égaliser à tout prix, prend trop de risques. Carlsen sacrifie des pièces pour ouvrir les lignes et le duel bascule en sa faveur. Il ne lâche plus son adversaire qui abandonne très vite.

Magnus 2, Fabiano 0. La situation devient critique pour l’Américain qui doit absolument revenir à 2-2 pour espérer poursuivre les parties de départages en blitz*.

Aucun des deux joueurs ne domine la troisième bataille, Magnus consolide sa position. Or, son challenger a besoin du point entier et il finit par lancer les hostilités. Mais Carlsen tient bon et parvient même à faire une promotion* sans que son adversaire trouve la solution. Caruana finit par abandonner. Le Norvégien conserve son titre deux jours avant son 28ème anniversaire, et en prime, repart avec un chèque de 550000€ et un joli trophée.

Photographies : Eric Rosen ; Ben StansallFrank Augstein

Elo : classement des joueurs d’échecs

Grand-maître : titre donné aux meilleurs joueurs d’échecs et conservé à vie ; un Français, Laurent Fressinet, faisait d’ailleurs partie du staff rapproché de Magnus Carlsen

Ouverture : début de la partie

Faire promotion : amener un pion sur la dernière rangée et le promouvoir en Dame, le plus souvent.

Départages : en cas d’égalité, des parties de départages sont prévues. Contrairement aux douze premières parties qui se sont jouées en cadences lentes, celles-ci sont des parties rapides d’environ 30 minutes par joueur.

Blitz : parties très rapides en moins de 15 minutes par joueur.

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