Les Chariots de Feu

Par le 25 janvier, 2019

Tous les vendredis, une œuvre causant de sport décryptée par nos soins. Aujourd’hui : Les Chariots de Feu (GBR, 1981).

Années 20, deux jeunes hommes prennent conscience de leur aptitude au sprint et sont sélectionnés pour les Jeux Olympiques de Paris (1924) afin de ramener la médaille d’or à la nation triomphante.

Harold Abrahams est un juif Anglais de Cambridge et combat l’antisémitisme et la discrimination de classe au sein de son université ; Eric Liddell est un protestant écossais très pratiquant et se bat pour le respect de sa foi et de ses traditions. Le premier est amené à courir le 100m, le second le 400m.

Couronné de quatre Oscars (scénario original, musique, costumes, film), Les Chariots de Feu reste toujours célèbre pour sa scène d’ouverture et de clôture – c’est la même -, celle de sportifs courant sur une plage au son d’une musique électronique et enveloppante. « Elle était essentielle pour établir le caractère, disait le réalisateur Hugh Hudson : Harold Abrahams, maigre et déterminé; Eric Liddell, écossais, blond, ouvert et libre; Aubrey Montague, l’aimable et fidèle vieux frère ; Lord Andrew Lindsay, l’aristocrate, courant pour le plaisir. »

« [Tourner cette scène] fut un enfer, déclarait l’acteur Ben Cross au magazine Empire. Je me sentais comme si j’étais le seul à en baver. Peut-être qu’on était tous en train de mourir. Traverser le sable et l’eau est la pire chose à faire. Mais quelle belle séquence. » Les personnages principaux étaient incarnés par des acteurs jusqu’alors inconnus. Ils ont suivi une formation intensive de trois mois, qui ont visiblement créé des liens puissants entre eux.

Les Chariots de Feu est le premier long-métrage de Hugh Hudson. Le producteur David Puttnam avait choisi ce réalisateur de documentaires et de publicités parce qu’il le connaissait depuis les années 60 et parce qu’il avait dirigé la seconde équipe du film Midnight Express, produit par le même Puttnam.

Le film est tiré d’une histoire vraie mais a largement été modifié. Les athlètes ont vraiment gagné une médaille d’or sur le 100m et le 400m, mais dans des conditions très différentes de celles relatées dans le film.

Et puis il y a la musique de Vangelis, toujours actif aujourd’hui. Il a une dizaine d’années de carrière lorsqu’il signe cette bande originale, au moins aussi célèbre que le film. Très heureux de son succès, le discret compositeur déclarait à Loudersound : « J’ai toujours une approche instinctive, semblable à la façon dont je crée toute ma musique. La différence avec une partition pour le cinéma est qu’un film a une idée, une histoire et une construction, avec un début et une fin définis. Dans ces conditions, je dois naviguer, mais je navigue en étant guidé par ma première impression : devant les images et sans lire le script, afin d’éviter au maximum toute idée préconçue. »

Et 40 ans après sa sortie, quid du film ? Un peu consistant. Des qualités (la scène de la course contre les douze coups de midi dans la cour de l’école, notamment) mais des lourdeurs de scénario et de mise en scène (les effets de ralentis ont pas mal vieilli). Ça se regarde quand même sans déplaisir. 

Edité en DVD et Blu-Ray par 20th Century Fox

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