Un été de Coupe du monde (4/6) : Boston Celtics

Par le 20 juin, 2018

Le 9 juin 1986, à Irapuato (Mexique), l’équipe de France de football joue son dernier match de poule de Coupe du monde contre la Hongrie. La veille, les Boston Celtics ont remporté leur 16e titre de champion de NBA face aux Houston Rockets. Et un homme-oiseau a encore brillé : Larry Bird.

Depuis le début des années 80, Los Angeles et Boston se disputent la suprématie de la NBA. Les deux franchises les plus titrées des Etats-Unis se sont déjà affrontées en finales ces deux dernières années : en 1984, Boston prend le dessus dans le dernier match (4-3), mais en 1985, Kareem Abdul-Jabbar remet les horloges de la Great Western Forum (ancêtre du Staples Center) à l’heure (4-2). En cette année 1986, les Celtics peuvent voir venir avec leur 15 titres, mais les Lakers grignotent la chaise des rois (9).

A l’issue de la saison, tout porte à croire qu’ils joueront une belle. Les deux équipes caracolent en tête de leur conférence, Boston affichant même un impressionnant bilan de 67 victoires pour 15 défaites, record de la franchise. En playoffs, les Celtics éteignent Chicago (3-0), disposent d’Atlanta (4-1), puis corrigent Milwaukee (4-0), pourtant deuxième de la conférence est. Les Lakers démarrent également pied au plancher face à San Antonio (3-0), puis éprouvent quelques difficultés contre Dallas (4-2), avant de prendre l’eau face à Houston (4-1). Pour la première fois depuis 1981, Los Angeles ne verra pas les finales.

Sur le papier, la dernière série de l’année semble déséquilibrée. Boston, qui a l’avantage du terrain, n’a concédé qu’une seule défaite à domicile pendant la saison (face à Portland, 103-121). Ils affrontent une équipe vierge de titres NBA, et dont le bilan – 51 victoires pour 31 revers – ne représente que le cinquième meilleur bilan de la ligue. Les deux franchises se sont affrontés deux fois au cours de la saison ; deux matchs remportés par les Celtics.

Houston a du pétrole, mais il leur faudra beaucoup d’idées pour renverser les hommes du Massachusetts, dont l’un des plus célèbres représentants se nomme Larry Bird. L’ailier de 29 ans a été MVP (Most Valuable Player, grosso modo le meilleur joueur de la saison) pour la troisième saison consécutive. Il est secondé par l’ailier fort Kevin McHale, 28 ans, élu parmi les meilleurs défenseurs de la ligue, et par le pivot Robert Parish, 32 ans, sélectionné au All-Star Game sans discontinuer depuis 1981.

En face, les Rockets peuvent compter sur leur coach, Bill Fitch, qui connaît fort bien ses adversaires pour les avoir entraînés pendant quatre ans (1979-1983). Côté joueurs, ils misent sur leur sophomore Hakeem Olajuwon, le pivot de 23 ans sélectionné 1er de la draft 1984 (deux places devant Michael Jordan), et sur Ralph Sampson, l’autre pivot de 25 ans sélectionné 1er de la draft 1983. C’est notamment ce duo, surnommé les « Twin Towers », qui a éteint les espoirs des Lakers en finale de conférence.

Joués à Boston, les deux premiers matchs sont largement dominés par les locaux qui font chaque fois la différence dans le troisième quart-temps (30-17 lors du match 1, 34-19 lors du match 2). Olajuwon, meilleur marqueur et rebondeur de son équipe, ne peut rien face au potentiel offensif des Celtics qui l’emportent de 12, puis de 22 points.

Le calendrier de l’époque diffère de celui d’aujourd’hui : si la série se départage déjà au meilleur de sept rencontres, les matchs 3, 4 et 5 sont alors joués dans la salle de l’équipe n’ayant pas l’avantage du terrain. En gagnant ces trois-là à domicile, les Rockets auraient donc deux balles de titre.

Ils sont menés de huit points dans le dernier quart-temps du match 3. A eux deux, Olajuwon et Sampson passent 47 points et prennent 30 rebonds qui, ajoutés aux 20 de Robert Reid, leur permettent d’éviter in extremis la catastrophe. Mais le match 4 leur échappe. Alors que les deux équipes se tiennent en joue durant toute la rencontre, un panier à 3 points tardif de Larry Bird sonne le glas des espoirs du Texas. La défense des Celtics fait le reste. 106-103. 3-1, à 48 minutes du titre.

Vexé, Houston survole les deuxième et troisième quart-temps du match 5 (32-19 puis 28-18) et obtient une nette victoire, 111-96. Olajuwon et ses compères gagnent le droit de retourner à l’est.

Le Boston Garden n’a vu qu’une seule défaite de ses hommes durant la saison (record égalé par les Spurs en 2016), il n’est pas question d’en voir une deuxième. Poussés par leur public, les locaux ont 6 points d’avance à la fin du premier quart-temps, 17 à la mi-temps, puis 21 à l’issue du troisième quart-temps. Ralph Sampson ne rentre que 4 de ses 12 tirs, tandis que Larry Bird profite de la fin de match pour inscrire un triple-double, 29 points, 11 rebonds, 12 passes. Il est à nouveau élu MVP des finales, deux ans après sa première fois.

16 titres. « Sweet sixteen ». Les Celtics sont sur le toit de la NBA, mais attendront 22 ans avant de connaître l’ivresse d’un 17e, le dernier en date. Leurs rivaux de l’époque, les Los Angeles Lakers, en ont profité : ils sont revenus à 16.

Photo : DR

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