Franck Chambily : « On fait un métier un peu ingrat »

Par le 12 février, 2018

Avant d’accompagner Teddy Riner sur les tatamis, l’ancien judoka Franck Chambily a amassé une dizaine de médailles au cours de tournois internationaux. Il a gagné le prestigieux tournoi de Paris et fut champion du monde par équipes. Il est ensuite devenu entraîneur, d’abord au pôle France de Brétigny en 1999, puis à l’INSEP auprès des jeunes en 2001. « Comme une évidence ». Il avait le profil et le costume taillé sur-mesure. Rencontre avec un homme naturel.

Entraîner des jeunes pour leur faire gagner des titres que vous n’avez pas gagnés, il faut de l’humilité ou de l’orgueil ?
(rires) Il faut des deux. Honnêtement, je ne le fais pas pour ça. Bien sûr, je me suis fait plusieurs fois la réflexion : « Ah, il est champion du monde, j’aurais bien aimé, moi aussi… » Mais à travers lui, je le suis un peu. Quand ils ont une médaille, on ressent quelque chose. J’ai toujours cette notion de gagne.

Actuellement, vous êtes l’un des coachs nationaux à l’INSEP. Vous avez combien de judokas à votre charge ?
A l’INSEP, on fonctionne par groupes. Il y a des seniors A (Elite), des seniors B et une catégorie junior. Chaque groupe contient une quinzaine de judokas et est encadré par deux ou trois entraîneurs. Sur l’olympiade 2012-2016, puisqu’on met en place des organisations par tranches de quatre ans, j’étais référencé senior A. On a aussi un regard transversal sur un jeune senior ou sur un junior. Et puis il ne faut pas oublier les entraîneurs de clubs. Les athlètes de l’INSEP ont le devoir de s’entraîner tous les matins et tous les après-midi, mais il y a quelques détachements pour qu’ils puissent s’entraîner et combattre dans leurs clubs. Car ce sont eux qui financent les athlètes.

Vous pensez que certains judokas seraient plus épanouis ailleurs, dans un cadre strictement individuel ?
Le collectif a trop d’importance. C’est moteur pour ceux qui sont un peu sur le frein. On peut s’adapter un petit peu en fonction des profils, mais on évite, surtout sur les jeunes qui entrent à l’INSEP. Quelqu’un d’un peu plus âgé, qui a de la bouteille, pourquoi pas… Au début, on est quand même intransigeant sur la qualité de leur travail, sur leurs convictions, sur leur détermination, et surtout sur leur ambition. Tout le monde veut être champion du monde. Mais entre le projet et la mise en œuvre, il y a parfois un décalage. Certains athlètes ont le profil, mais lâchent en cours de route. Ils n’ont pas le niveau sur la longueur et la constance.

Vous voulez leur imposer un cadre dès le début.
Oui, et c’est bien de le resituer. Si un athlète vient à l’INSEP sans savoir pourquoi il est là et pourquoi il travaille, c’est le pire de tout. Il s’est dépensé, il a fait tous ses combats, il a mis sa croix dans la case « présent », mais il y a peu de réflexion, donc il n’y a pas de progrès, ou pas assez. Il ne faut pas oublier que le judo est un sport amateur, mais avec des athlètes qui s’entraînent comme des professionnels. C’est du plein temps. On est là à 9h et on repart vers 19h.

On a l’impression que les entraîneurs de sports collectifs – je pense à Vincent Collet en basket, à Claude Onesta en handball, à Didier Deschamps en football – sont plus valorisés que ceux de sports individuels, où on a l’image d’un athlète qui s’est fait tout seul. Vous trouvez que vous avez un rôle ingrat ?
C’est la caractéristique des sports. Si on prend le hand, le football, le rugby, le basket, ce sont des sports professionnels, et on va aussi mettre en lumière les entraîneurs. Le judo, c’est un sport avec un règlement compliqué, et on fait un métier un peu ingrat, un peu dans l’ombre. Mais on le sait. J’aimerais bien être reconnu, mais ce n’est pas mon métier. Pour ça, il faudrait peut-être se développer au niveau de la communication. J’aimerais bien que le judo se professionnalise et qu’on puisse tous en vivre de manière correcte.

Ce n’est pas le cas ?
Les sept garçons qui ont participé aux Jeux Olympiques 2016 en vivent bien. Ils ont le club qui apporte une finance (un salaire, une bourse…), et la Fédération leur trouve des CIP (conventions d’insertion professionnelle), via l’armée, les douanes, la police… Les deux cumulés, les athlètes peuvent bien en vivre. Ce ne sont pas les salaires d’un basketteur ou d’un handballeur, mais ça reste correct.


« En 1996, Djamel Bouras devient
champion olympique au mental »

Globalement, entre la technique et le mental, qu’est-ce qui fait la différence ?
Tout est bon. (silence) A la réflexion, le mental est sans doute plus important que le physique et la technique. J’ai vu des montagnes très fortes physiquement, très correctes techniquement, mais qui perdaient tous leurs moyens aux moments-clés. Comme si quelque chose les inhibait. Et ça, l’adversaire le ressent.

Surtout dans les grandes compétitions, je suppose…
Bien sûr. J’ai un exemple en finale des Jeux Olympiques d’Atlanta, en 1996. Djamel Bouras affronte Toshihigo Koga, en -78kg. Le Japonais est champion du monde et champion olympique en titre, avec un niveau technique extraordinaire. Bouras a une solution tactique, une seule, et il la suit à la lettre. Il a épuisé mentalement son adversaire pendant tout le combat. Koga n’a jamais pu s’exprimer parce que Bouras avait décidé que, pour lui, c’était une question de vie ou de mort. Bouras devient champion olympique au mental alors que, sur le talent pur, Koga est beaucoup plus fort.

Ce n’est pas exclusif au judo. Prenez par exemple Richard Gasquet, qui aurait pu gagner beaucoup plus de titres s’il avait été meilleur mentalement.
J’en suis sûr. Et je pense qu’il y travaille avec ses coachs. Mais dans les sports de combat, ça se voit davantage parce qu’il y a un rapport de force, un rapport physique. Au tennis, ça se joue plus sur la longueur. Au judo, on le voit tout de suite. Dans l’attitude de l’athlète, quand il monte sur le tapis, quand il est dans la chambre d’appel, on le voit. Quelqu’un d’agressif, il dégage une énergie, une envie, une ambition de remporter le match. Et ça, en judo, c’est déterminant.

Ils passent du temps en chambre d’appel ?
La moyenne aux Jeux Olympiques, c’est entre 15 et 20 minutes. C’est long, ça cogite. C’est une atmosphère tendue, il y a beaucoup de pression. Quelqu’un qui n’est pas prêt, il peut passer une ou deux minutes à côté de son combat, c’est beaucoup. Parfois, il y a de l’intimidation. A Rio, Cyrille Maret affrontait Henk Grol, en 8e de finale des -78kg. Le Hollandais a été médaillé olympique, et a un certain charisme. Maret doit quitter la chambre d’appel en premier, mais Grol le pousse, toise Maret du regard et passe en première position. Un coup de pression. Maret l’a laissé, mais ça l’a rendu fou. C’est quelqu’un d’assez réglo, et il s’est dit : « on va régler ça sur le tapis ».

Il y a des combats qui se gagnent en chambre d’appel ?
Ah oui ! Aux championnats du monde 2014, à Tchelyabinsk, Teddy Riner rencontre le Japonais Shichinohe en finale. Ils sont l’un à côté de l’autre dans la chambre d’appel. Juste avant de partir, Teddy tourne sa tête vers lui, pour le défier. Le Japonais s’en aperçoit, tourne également sa tête et croise le regard de Teddy. Et dans la seconde, il se détourne et baisse les yeux. Un signe de soumission. Le Japonais montait pour faire un match honorable, mais pas pour gagner.

Combien montent sur le tatami pour gagner contre Riner ?
Il y en a trois ou quatre. Aux JO 2016, certains étaient convaincus de le battre et se sont donnés les moyens de le faire. En revanche, t’en as d’autres qui sont résignés. Et le fait de se poser la question, c’est déjà mal barré.

Quand vous êtes au bord du tatami à regarder votre judoka, vous êtes plutôt de nature calme ou anxieuse ?
(silence) Je suis un peu anxieux, c’est ma nature, mais je ne pense pas que ça transpire, que les athlètes le sentent, le perçoivent. J’ai appris à gérer ça. J’essaie d’y faire attention.

Parce que vous avez conscience de l’image que vous leur véhiculez ?
Oui, parce qu’on peut faire passer un mauvais stress qui n’est pas bon pour les conditions de jeu de l’athlète. C’est aussi pour ça que la relation coach/élève doit être très bonne : le coach peut appuyer sur les bons leviers. Parfois, il vaut mieux ne rien dire.

On en parlait tout à l’heure, Riner ne s’est pas fait tout seul. Il a eu plusieurs entraîneurs qui l’ont façonné…
Oui, Riner a été détecté sur les championnats de France cadets, à 15 ans. Benoit Campargue était responsable des juniors, et j’étais son adjoint. C’était en 2004. Pour faire rentrer des juniors à l’INSEP, on allait aux championnats de France cadets pour la détection. On nous avait dit : « Allez-y, il y a un lourd, un noir, il fait du bon judo, il est costaud physiquement, il a l’air coordonné, c’est pas mal. » On va le voir. On est séduit. On va trouver Stéphane Traineau, le directeur du haut niveau à l’époque, et on lui parle de Teddy : « Il est un peu jeune, mais si on lui propose une intégration à l’INSEP avec des adaptations dans les contenus d’entraînement, un projet sur 4-8 ans, ce serait très intéressant de le prendre. » Stéphane est d’accord et réussit à convaincre les parents Riner, qui trouvaient ça un peu prématuré. Teddy rentre donc dans le groupe des juniors. Benoit Campargue quitte le staff de l’INSEP en 2006. Entre temps, j’étais passé entraîneur des seniors B. Teddy, bien qu’il soit encore junior, me suit chez les seniors. En 2007, il est sélectionné pour les championnats d’Europe senior. Et je le coache parce que j’ai le plus de relationnel avec lui. Sur l’organigramme, ce n’est pas prévu, mais on fait une dérogation. Teddy gagne ses premiers championnats d’Europe senior, et je suis sur la chaise du coach. On continue ensemble pour les JO de Pékin, en 2008. Après les Jeux, un nouveau staff arrive. Benoit Campargue passe responsable des seniors Elite et récupère Teddy de 2008 à 2012. C’est lui qui est sur la chaise. Moi, à ce moment-là, je suis responsable des juniors. En 2012, Benoit arrête, et Stéphane Frémont le remplace. Pour la même raison qu’en 2007, il me dit : « Teddy, il veut que ce soit toi qui prennes le relais, tu as le relationnel. » Et je reviens sur la chaise.

Quand il parle de vous dans les interviews, il dit que vous êtes un deuxième père. Ça vous touche ?
Je le connais depuis ses 15 ans, on n’a partagé que des bons moments. Quand j’étais sur la chaise, il a tout gagné. Le seul faux pas, c’est sa troisième place aux JO de Pékin. Mais ça lui a permis de se construire, en tant que judoka et en tant que personne. S’il avait gagné, il serait peut-être aujourd’hui triple champion olympique, et il aurait pu arrêter. Les défaites, ça peut faire du bien.

Est-ce que votre relation s’est construite ou est-ce qu’elle s’est révélée dès le départ ?
Non, elle s’est construite dans la formation, la confiance, le travail, la rigueur, la constance. Depuis 2004, Riner a gagné huit titres de championnats du monde, cinq titres de championnats d’Europe et trois médailles olympiques. S’il est encore là aujourd’hui, c’est parce qu’il est constant. Mais il lui faut un cadre, il en a besoin.


« En 2008, j’ai mal vécu la
médaille de bronze de Teddy »

Les coups de foudre, ça existe entre un coach et un athlète ?
Non. On peut se dire qu’il y a du potentiel, mais ça s’arrête là. Je n’ai jamais pensé : « Il y a un jeune qui rentre à l’INSEP, je le veux ! »

Vous ne vous êtes jamais dit : « Lui, ce jeune, il sera champion olympique dans 8 ans ! » ?
Non. Ce jeune a du potentiel, on va faire en sorte qu’il devienne champion olympique, mais il n’y a aucune certitude. Même si on y croit. Loïc Pietri, à la sortie des juniors, je me suis dit : « Lui, il faut qu’il soit champion olympique en 2016. » Mais ça reste du potentiel, et c’est le travail qui va l’amener à gagner de la confiance au travers de ses résultats. Si je lui dis qu’il sera champion olympique, c’est contre-productif, il va se dire que j’ai trop confiance en lui, va mettre le pied sur le frein… Quand Teddy est arrivé, je me suis dit que c’était un monstre physique et mental. Bien sûr qu’il doit être champion olympique, mais il peut y avoir une blessure, des aléas… Les saisons s’enchaînent à toute vitesse.

Dans l’imaginaire collectif, vous êtes le coach de Teddy Riner, alors que vous avez un rôle bien plus vaste. Ça vous émeut d’être réduit à ça ?
C’est flatteur. Je suis très fier d’être le coach d’un athlète hors-norme, qui a valeur d’exemple. C’est presque la légende du judo mondial. Mais c’est aussi un peu réducteur. Ce qui m’anime, c’est l’Équipe de France, et j’aimerais bien que les autres athlètes se collent à cette image de vainqueur. Même si la gestion de Teddy me prend un certain temps, je n’ai pas que lui. Sur la communication, c’est quelque chose auquel je fais attention. Teddy, c’est super, il a fait le boulot, mais il y avait aussi Pierre Duprat, Cyrille Maret, Alexandre Iddir… Y a de belles choses aussi, bien que tout le monde n’avance pas à la même vitesse que lui.

Tous ceux que vous avez cités, vous pensez que ça leur fait du bien de voir Riner sur un piédestal ?
Je pense qu’ils se voient à travers lui avec une médaille olympique. Tout le monde ne pourra pas être double champion olympique, mais un titre, c’est possible, et ils doivent se servir de Teddy pour arriver jusque-là. Walide Khyar, il a 22 ans, et je pense qu’il a cette trempe. Après, il y a du travail, c’est un gamin, mais je me dis qu’il peut être champion olympique dans deux ans, et ça j’y crois vraiment. Il y a quelque chose.

Ça fait plus de 15 ans que vous entraînez des jeunes, vous avez l’impression que votre discours a évolué ?
Oui. La philosophie reste la même, mais j’ai évolué par rapport aux systèmes d’entrainement, aux fonctionnements, aux discours. Aujourd’hui, quitte à en faire un peu moins, je le fais de manière plus qualitative. La réflexion dans l’entraînement est plus forte qu’il y a quinze ans.

Vous ressentez de la lassitude ?
Pas encore. C’est toujours un nouveau challenge, avec des nouveaux athlètes. Je suis quelqu’un de persévérant. Un athlète qui n’a pas réussi, j’aimerais bien qu’il y retourne pour voir ce qu’il est capable de faire. Ce qui aurait pu me faire arrêter, c’est un bilan de zéro médaille aux JO 2016. J’aurais peut-être posé ma démission, je n’aurais sans doute pas supporté.

Le début de ces JO 2016 a justement été difficile en judo. Vous avez porté la responsabilité ?
Pas sur les premiers jours, parce que c’est surtout ce qu’il ne faut pas faire. Sur le coup, on peut se dire : « Pourquoi ils n’avancent pas ? Pourquoi il n’y a pas de médaille ? Qu’est-ce qui ne marche pas ? » Au contraire, il faut rester solidaire et positif, dans une dynamique de confiance. « Aujourd’hui, il n’y a pas de médaille, mais demain, il y en a un autre qui rentre en lice et il a une chance… » C’est ce qu’on a fait, et c’est la force d’un staff. En revanche, quand les JO sont finis, on fait un vrai bilan. Et là on se dit que la préparation n’a peut-être pas été bonne, qu’on n’a pas été assez rigoureux là-dessus. Il y a une remise en question a posteriori. Mais pas sur le moment.

On parle du blues post-olympiques, pour les athlètes. C’est une légende ?
Ah non, il existe vraiment, et pas que pour les athlètes ! Je ne l’ai pas tellement ressenti à Rio, parce que c’est reparti assez vite. Mais je l’ai ressenti deux fois auparavant. Après Atlanta, en 1996, et après Pékin, en 2008. A Atlanta, la concurrence avait été rude pendant quatre ans, j’avais réussi à me faire sélectionner pour les JO, et je perds. Je savais que les JO suivants, ça allait être difficile au niveau de mon âge [31 ans en 2000]. Et en 2008, j’étais très content de ce qui s’est passé, mais j’ai mal vécu la médaille de bronze de Teddy. Le grand public et les gens de la fédération considéraient que c’était une déception. La faute a été rejetée sur le coach. Je l’ai mal vécu. Mais c’est formateur. J’ai beaucoup appris.
A part moi, d’autres entraîneurs le ressentent souvent. Parce que c’est tellement intense que lorsque ça retombe, il faut repartir pour quatre ans. Si on n’a pas d’objectif, c’est loin. Teddy, il est double champion olympique. Reprendre en septembre, ce n’était pas possible pour lui. Donc pour la première fois depuis huit ans, il a eu un trimestre de repos et il a repris en janvier 2017. Sinon, il serait venu deux-trois fois, il se serait fait chier… Nous, c’est un peu pareil. Si on n’a pas de projets ni de motivation, ce n’est plus la peine de venir.

Quelqu’un que vous avez suivi et qui part prématurément, par exemple Ugo Legrand qui a pris sa retraite en 2015 à 26 ans, ça vous attriste ?
Oui, mais je respecte complètement sa décision. Il a bien travaillé, il a fait ce qu’il fallait à l’entraînement, et il savait ce qu’il voulait dans son projet. Il ne s’est pas menti, il était très carré. On s’est adapté parce qu’il avait des résultats : champion d’Europe, deux médailles mondiales, une médaille olympique. Mais quand il est arrivé à un âge où il fallait refaire un peu de volume, être un peu plus rigoureux, une blessure s’est initiée. A l’entraînement, ça devenait un peu difficile, et il n’était pas prêt à ça. Je trouve ça très courageux de sa part, très respectable. Il n’y en a pas beaucoup qui sont capables de le faire. Il y a eu Thierry Rey : champion du monde, champion olympique, champion d’Europe, et il arrête à 25 ans.
Ugo, il aurait pu aller jusqu’aux JO, mais il a vu que c’était compliqué. En 2015, il fait le tournoi de Tashkent, en Ouzbékistan. Il affronte un Mongol au premier tour, qui n’a pas un niveau excellent. Il se prend deux waza-aris. Il a vu qu’il n’était pas au niveau sur cette compétition. Et le fait d’avoir perdu de cette manière, contre un jeune, il s’est dit que c’était trop compliqué. Et pourtant, c’est confortable, parce qu’il en vit. Quand il a arrêté, finie la bourse du club, finie la convention de l’INSEP. Je trouve ça très courageux. Je l’ai félicité. Il a raison. Et il a bien fait parce qu’il n’a pas de regrets. Et aujourd’hui, il bosse aux Etats-Unis. Je ne me fais aucun souci pour lui. Parce que les sportifs qui appliquent les valeurs qu’ils avaient à l’entraînement dans leur après-carrière, ça roule pour eux.

Illustration : Audrey Parfait

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