La Castagne

Par le 14 septembre, 2018

Tous les vendredis, une oeuvre causant de sport décryptée par nos soins. Aujourd’hui, La Castagne (Slap Shot, EU, 1977)

Quand le sport tourne au vinaigre

Reggie Dunlop (Paul Newman) en a plein la crosse. Le club de hockey dont il est l’entraîneur-joueur, les Charlestown Chiefs, va à vau-l’eau : en plus de connaître les bas-fonds du classement, l’équipe va sans doute disparaître, indirectement menacée par la perte de 10000 ouvriers de l’usine locale.

A court d’idées collectives, Dunlop laisse les frères Hanson, qui viennent de signer au club, toute liberté dans leur activité favorite : provoquer les adversaires et en venir aux mains. La stratégie est gagnante. Les résultats s’inversent et les spectateurs reviennent par milliers profiter du spectacle.

Des faits romancés mais aux origines bien réelles

Dans le hockey, et pas seulement en NHL (Cristobal Huet nous en parlait en début de semaine), les coups ont souvent fait partie intégrante du match. La scénariste du film, Nancy Dowd, s’est ainsi inspirée de l’histoire de son frère, Ned, joueur d’un club à vendre dans une ligue mineure des années 70 au cours desquelles les bagarres étaient aussi communes qu’une victoire de Rafael Nadal à Roland-Garros.

De cette histoire, le réalisateur George Roy Hill en tire une farce, parfois grotesque, assez tordante, souvent divertissante. Il s’aide de la présence de Paul Newman, avec qui il avait déjà collaboré sur le western Butch Cassidy et le Kid, en 1969, et surtout sur L’Arnaque, film de 1973 qui avait valu un Oscar au cinéaste. Le genre de la comédie leur est tous deux familier, et ça se voit.

Mais il y a aussi Michael Ontkean, honorable joueur de hockey dans sa jeunesse et qui n’a donc jamais été doublé sur le tournage de La Castagne. L’acteur est surtout connu pour son rôle de Harry S. Truman dans les deux premières saisons de la série Twin Peaks (il n’est pas revenu pour la troisième saison, diffusée en 2017).

Pas que de la castagne

Le film offre quelques perles musicales bien senties, du style Fleetwood Mac ou Elton John. Séquence émotion franchement pas désagréable.

Nous avons là un produit cinématographique attirant, assez enlevé et plutôt cocasse. Le feu d’artifice de conclusion, tout à fait inattendu, est un modèle de comédie qui assume son absurdité et sa folie. Un vrai plaisir.

Ça se consomme comme un bonbon, on voit des belles gueules, pas mal de bagarres, et quelques jolis plans de sport.

Disponible en DVD, Blu-Ray et VOD sur iTunes

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