Le cyclisme dans l’art

Par le 5 octobre, 2018

Tous les vendredis, une oeuvre causant de sport décryptée par nos soins. Aujourd’hui, non pas une mais plusieurs œuvres autour du cyclisme.

En peinture

Les Quatre Cyclistes – Fernand Léger (1943-1948)

Comme de nombreux intellectuels et artistes français, Fernand Léger s’exile aux Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Il y donne des cours à des jeunes universitaires qui circulent en vélo d’un bâtiment à l’autre. Libres, modernes, les jeunes femmes et leur façon de se vêtir l’inspirent pour une série de dessins et de tableaux nommée Les Cyclistes : « Le mauvais goût, la couleur forte peut donner ici le plein usage de son pouvoir. Si je n’avais vu ici que des filles habillées avec goût, je n’aurais pas peint ma série des Cyclistes. » Cette série initiée en 1943 est très marquée par la clarté et la publicité lumineuse des rues de Broadway : « Quand je parlais à quelqu’un, il avait la figure bleue, puis vingt secondes après, il devenait jaune. Cette couleur-là, elle était libre, dans l’espace. J’ai voulu faire la même chose dans mes toiles. »

Il ramène également des Etats-Unis une série intitulée Les Plongeurs.

(Reproduction : Gérard Blot – Musée national Fernand Léger)

Et sinon ? Roue de bicyclette, de Marcel Duchamp ; Tête de taureau, de Pablo Picasso ; Le cirque (les cyclistes), de Marc Chagall…

En cinéma

Le Vélo de Ghislain Lambert – Philippe Harel (2000)

Jacky Durand :« Ce film est vraiment représentatif du cyclisme des années 1970. J’étais dans mon élément et j’ai beaucoup rigolé. J’avais entendu parler des us et coutumes de cette époque. Quand on était gamin, on faisait comme Ghislain Lambert au début du film, on se faisait des sprints à la pancarte du village et on s’identifiait à des coureurs, mais pas à Merckx, plutôt à Hinault ou Kuiper. C’était plus notre génération. On a tous débuté comme ça, mais avec moins d’images dans la tête. On ne pouvait pas voir autant de retransmissions télévisées que maintenant. Nos seules références étaient le Tour de France et Paris-Roubaix. »*

Le film s’intéresse à un coureur moyen (joué par Benoit Poelvoorde) qui s’imagine battre Eddy Merckx au sprint et gagner les plus grandes courses. Touchant.

Et sinon ? Le Prix de l’Exploit, de John Badham ; The Program, de Stephen Frears ; Les Triplettes de Belleville, de Sylvain Chomet…

*cité dans Sport & cinéma, de Julien Camy et Gérard Camy, Editions du Bailli de Suffren

En littérature

Mythologies – Roland Barthes (1957)

Cinquante-trois textes rédigés sur des mythes : le bifteck et les frites, le pauvre et le prolétaire, la nouvelle Citroën, Le cerveau d’Einstein… dont deux qui concernent le sport : le catch, et le Tour de France.

Extrait : « Le Tour possède une morale ambiguë : des impératifs chevaleresques se mêlent sans cesse aux rappels brutaux du pur esprit de réussite. C’est une morale qui ne sait ou ne veut choisir entre la louage du dévouement et les nécessités de l’empirisme. Le sacrifice d’un coureur au succès de son équipe, qu’il vienne de lui-même ou soit imposé par le directeur technique, est toujours exalté, mais toujours aussi, discuté. Le sacrifice est grand, noble, il témoigne d’une plénitude morale dans l’exercice du sport d’équipe, dont il est la grande justification ; mais aussi il contredit une autre valeur nécessaire à la légende complète du Tour : le réalisme. On ne fait pas de sentiment dans le Tour, telle est la loi qui avive l’intérêt du spectacle. »

A la fin du texte, plusieurs coureurs sont décrits individuellement comme mythologie, parmi lesquels Fausto Coppi, Louison Bobet, Raphaël Géminiani…

Et sinon ? Anquetil tout seul, de Paul Fournel ; Eloge de la bicyclette, de Marc Augé ; Les confessions d’un enfant du cycle, d’Alphonse Allais…

Et en chanson ?

Et ainsi de suite…

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