Le grand défi

Par le 16 février, 2018

Tous les vendredis, une œuvre causant de sport décryptée par nos soins. Aujourd’hui : Le grand Défi (Hoosiers en VO)

Le cinq majeur

Meneur de jeu : Gene Hackman
Arrière : Barbara Herhsey
Ailier : Dennis Hopper
Ailier fort : Fern Persons
Pivot : Sheb Wooley
(Sixième homme : Maris Valainis)
Manager général : David Anspaugh
Entraîneurs adjoints : Angelo Pizzo, Jerry Goldsmith

C’est quoi, l’histoire ?

En 1951, Norman Dale arrive dans une petite ville de l’Indiana, Hickory, pour entraîner l’équipe de basket du lycée, les Huskers. Après dix minutes de film, toutes les problématiques narratives sont déjà posées :

  • tout le monde n’a d’yeux que pour Jimmy Chitwood, le gamin surdoué, et personne ne croit en la réussite du projet de Dale s’il n’accepte pas de jouer dans l’équipe (il a des problèmes familiaux dont on ne saura pas grand-chose)
  • les gardiens du temple locaux veulent garder la main et ne croient pas en ce type qui a passé dix ans dans la Marine, n’a pas entraîné depuis douze ans et déboule avec ses gros sabots et ses méthodes arbitraires
  • le citadin Dale va devoir s’habituer aux rudiments de la campagne
  • d’ailleurs, pour lui, c’est quitte ou double

Le scénario est plus ou moins inspiré de l’histoire du lycée de Milan, un bahut qui a remporté le championnat de l’Indiana en 1954, battant en finale un établissement dix fois plus grand que lui. Inutile de vous faire un dessin : malgré les débuts chaotiques et les résultats en dents de scie, les Huskers vont finir par remporter ric-rac le championnat face aux golgoths de South Bend. Le tout sans surjouer le suspense. Ma foi, c’est agréable de ne pas être pris pour une truffe.

C’est qui, les acteurs ? Les actrices ?

Gene Hackman (Norman Dale), impérial dans les années 70 : French Connection, Conversation secrète, Superman… Dans les années 80, il a collaboré avec Sidney Lumet, Arthur Penn et Jerry Schatzberg. Entre autres.
Il y a aussi Dennis Hopper (Frank Booth, l’adjoint de Norman), le motocycliste d’Easy Rider, et Barbara Hershey (Myra Fleener), la Bertha Boxcar du film de Martin Scorsese. Beaucoup plus récemment, elle jouait la mère de Natalie Portman dans Black Swan.

Bref, du lourd.

Et le réalisateur ?

David Anspaugh, natif d’Indiana. Le grand défi était son premier long-métrage. Il a signé deux autres films sur le sport – Rudy, sur le football américain, et Le match de leur vie, sur le football (l’autre) – tous deux écrits par le scénariste du Grand défi, Angelo Pizzo. Les deux hommes étaient amis à l’Indiana University, située à Bloomington. Anspaugh a commencé par tourner des épisodes de séries télévisées, telles que Miami Vice, St. Elsewhere ou encore Hill Street Blues. Dans cette dernière, l’épisode de la deuxième saison qu’il doit diriger contient une scène de basket. Eh oui, les chiens ne deviennent pas des chats.
Après avoir produit et réalisé quelques films à Los Angeles, Anspaugh est reparti vivre en Indiana depuis quelques années, donnant des cours à l’université de ses débuts et dirigeant un atelier théâtral.

Et ça joue ?

Ah oui, notre faim de sport est assouvie. Ça joue beaucoup. Et plutôt bien. Si les personnages sont si peu approfondis (tout particulièrement les seconds rôles), c’est parce qu’on voit beaucoup les matchs – ainsi que quelques entraînements.


On ne mesure pas tellement la progression du jeu des Huskers, mais on comprend bien que l’arrivée de Jimmy et la foi dans les principes du nouveau coach insufflent à l’équipe une dynamique qui ne s’arrêtera pas. D’ailleurs, pour la grande finale, les figurants ont fait la queue. Et le résultat épate.

Une scène à retenir ?

Les joueurs d’Hickory arrivent dans le gymnase de la finale, qui peut accueillir à peu près autant de gens qu’il n’y a d’habitants dans leur ville. Le nombre de gradins et la hauteur de la salle les impressionne. Pour les ramener à la réalité, Norman mesure la hauteur du panier et la longueur de la raquette : « C’est exactement les mêmes mesures que notre gymnase d’Hickory. » Habile.

En bref, ton avis ?

Un chouette film. Des acteurs aussi solides qu’un pivot de 120kg. Un récit aussi peu surprenant que le résultat d’un match entre Golden State et Atlanta, mais pas moins divertissant. Et une fin heureuse qui rassure avant d’aller au schloff – si tant est que vous ayez pris fait et cause pour les Huskers. Non, vraiment, on ne s’ennuie pas.

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