Le Maître d’escrime

Par le 28 septembre, 2018

Tous les vendredis, une oeuvre causant de sport décryptée par nos soins. Aujourd’hui, Le Maître d’escrime (Miekkailija, coproduction Finlande-Estonie-Allemagne, 2015)

On est en 1952, en République socialiste soviétique d’Estonie, et Endel Nelis arrive dans la petite ville d’Haapsalu pour occuper le poste de professeur de sport au sein de l’école locale. Le directeur est un pisse-froid, les équipements éducatifs sont insuffisants, l’environnement est inhospitalier. Bref, ça sent le traquenard.

Le camarade Nelis est là pour des raisons bien particulières : fuir un passé douloureux ! Il entame bientôt la pratique de l’escrime à ses élèves. Bien sûr, ça ne va pas plaire au directeur ni à son adjoint zélé qui vont se charger de lui trouver des poux.

Les parents d’élèves vont malgré tout faire le nécessaire pour perpétuer l’enseignement de l’escrime qui plaît tant à leurs enfants. Mais le passé va se charger de refaire surface…

Un aimant à récompenses

On est sur un film au scénario classique, truffé de bons sentiments, un peu lacrymal, assez manichéen mais plutôt efficace, avouons-le. Ce n’est donc pas une surprise de le voir dans l’avant-dernière liste pour concourir à l’Oscar du meilleur film étranger en 2016 – il n’a pas été retenu dans la dernière. Il a en revanche été nommé pour les Golden Globes.

La trame principale rappelle un peu Le grand défi (dont nous avons parlé ici), ce film qui raconte l’histoire d’un entraîneur de basket arrivant au sein d’une petite équipe d’université américaine. On retrouve dans Le Maître d’escrime les mêmes ingrédients : l’arrivée dans l’inconnu, l’intégration difficile, les rivaux, puis la montée en puissance. Dans les deux cas, l’histoire est basée sur des faits réels.

Le personnage principal est (bien) joué par l’acteur Märt Avandi, notamment connu en Estonie pour avoir présenté la Nouvelle Star locale. Une sorte de Virginie Efira au masculin, en somme. On voit beaucoup sa nuque au cours du film, peut-être l’objet d’un fétichisme ?

Le réalisateur Klaus Härö a reçu en 2003 le Ingmar Bergman Award, des mains du maître suédois. C’était l’année de la sortie de son premier long-métrage, intitulé Elina : As If I Wasn’t There. Le Maître d’escrime est son cinquième. Et il inclut pas mal de scènes de sport. D’épée, de fleuret, de sabre, qu’importe l’arme : les enfants progressent, prennent du plaisir et ont l’air vachement plus attentifs que les élèves de Brigitte Benon.

Et la musique ? Du piano, de la retenue, du sentiment. Sans la voix de Pascal Obispo par-dessus.

C’est un joli film, idéal pour les soirs de spleen ou les après-midis un peu grises. Un bon match de Ligue 1 de football, avec ses défauts et ses éclairs de qualité.

DVD édité par Spirit (mais sans sous-titres français)

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