Red Army

Par le 8 juin, 2018

Tous les vendredis, une œuvre causant de sport décryptée par nos soins. Aujourd’hui : Red Army (EU,2014).

Sur la glace

Le Russian five de l’URSS, soit Sergei Makarov, Igor Larionov, Vladimir Krutov, Alexei Kasatonov et Viacheslav « Slava » Fetisov

Sur le banc

Viktor Tikhonov

En tribunes

Gabe Polsky

Envoie la bande-annonce

C’est quoi, l’histoire ?

Red Army est un documentaire retraçant le succès des grands hockeyeurs sur glace soviétiques des années 80 (surtout), leur importance dans la propagande politique de l’époque et dans l’exil vers l’Amérique du Nord, dans les années 90.

Le Russian five désigne l’équipe nationale soviétique qui a tout écrasé (années 80), mais aussi les cinq joueurs russes de l’équipe américaine de Detroit Red Wings qui ont remporté deux trophées majeurs en NHL (années 90). Fetisov et Larionov ont joué dans les deux équipes.

C’est qui, les protagonistes ?

Le hockey sur glace a longtemps servi la cause du système soviétique, et le succès de son équipe dans les championnats du monde (20 médailles d’or entre 1954 et 1990) et aux Jeux Olympiques (7 médailles d’or, une d’argent et une de bronze entre 1956 et 1988) a contribué au rayonnement du régime.

Le documentaire se concentre essentiellement sur le Russian five et sur l’une de ses composantes essentielles : Slava Fetisov.

Devenu Ministre des sports sous Vladimir Poutine dans les années 2000, il était le capitaine de l’équipe nationale dans les années 80 et l’un des tout premiers à quitter l’Est pour rejoindre la NHL, la ligue de hockey sur glace nord-américaine.

C’est qui, derrière la caméra ?

Gabe Polsky, un Américain aux origines soviétiques ayant pratiqué le hockey sur glace – en somme, un homme qui possède un certain tropisme pour le sujet du film.

Il alterne les scènes d’interviews (anciens joueurs, entraîneurs et observateurs de l’époque) et les archives, de manière chronologique. C’est propre.

Et ça patine ?

On voit assez peu de jeu, mais du beau. Notamment lorsque le Russian Five est à l’oeuvre, que ce soit avec l’équipe nationale ou en NHL.

Même quand on n’a jamais pratiqué la discipline, ni même vu un match entier de hockey, la fluidité des déplacements du palet et des joueurs sur la glace force l’admiration. Bien qu’un peu fastoche, la métaphore du ballet russe (évoquée dans le film par un commentateur) n’est pas surfaite.

Un plan à retenir ?

En bref, c’est quoi ton avis ?

On comprend mieux l’importance du hockey – et plus largement du sport, sans doute – pour le régime soviétique.

Vecteur de propagande, il servait aussi à distraire le public et à lui faire oublier ses conditions de vie difficiles.

On a plaisir à entendre les protagonistes de l’époque, et notamment l’un des principaux, Fetisov, interviewé à trois reprises – dans trois tenues et trois sièges différents. Aucun n’est particulièrement tendre envers leur coach de l’époque en équipe nationale, Viktor Tikhonov, nommé à ce poste par un de ses amis du KGB.

Leur histoire commune rejoint celle de leur nation, à laquelle ils sont incontestablement liés. Si tous ces glorieux joueurs partent aux Etats-Unis dans les années 90, c’est pour l’argent, pour la culture, par curiosité. Certains regrettent cependant qu’ils y aient perdu leur âme.

Et avec qui tu me recommandes de le regarder ?

Pierre Laurent : 3/5

Isabelle Autissier : 2/5

Carole Rousseau : 0/5

Patti Smith : 1/5

Ophélie Winter : 2/5

François Léotard : 5/5

DVD et Blu-Ray édités par ARP Sélection

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