Rush

Par le 27 avril, 2018

 

Tous les vendredis, une œuvre causant de sport décryptée par nos soins. Aujourd’hui : Rush (EU2013).

Sur la piste

Daniel Brühl, Chris Hemsworth, Pierfrancesco Favino

Dans les tribunes

Olivia Wilde, Alexandra Maria Lara, Christian McKay

Dans le paddock

Ron Howard, Peter Morgan, Hans Zimmer, Nina Gold

C’est quoi, l’histoire ?

À ma gauche, un brillant pilote automobile, réservé, extrêmement bosseur, pointilleux, couche-tôt et pas très sympathique.

À ma droite, un autre brillant pilote automobile, fêtard, charismatique, blagueur, couche-tard et très porté sur la chose sexuelle.

Ces deux personnalités pour le moins opposées s’affrontent d’abord en Formule 3.

Mais l’acmé de leur confrontation se situe sur les pistes des circuits de Formule 1 en 1976, dont le championnat du monde va bien au-delà d’un simple titre sportif.

C’est qui, les acteurs ? Les actrices ?

Lauda et Hunt sont joués respectivement par Daniel Brühl et Chris Hemsworth. Le premier est surtout connu pour le rôle d’Alex dans Good Bye Lenin!, qui lui a permis de franchir le Rhin, puis l’Atlantique. Il multiplie depuis les seconds rôles et les films de Julie Delpy (2 Days in Paris, 2 Days in New York, La Comtesse…). Idée de carrière : il pourrait jouer un excellent conseiller de François Fillon.

Le deuxième est entré dans la galaxie Marvel en incarnant Thor, et… voilà. ThorAvengers, Thor : Ragnarok, Avengers : Infinity War… C’est bien, il peut payer ses factures.

Il y a aussi Alexandra Maria Lara (rien à voir avec Catherine Lara), qui joue la dernière secrétaire d’Hitler dans La Chute. Remarquée pour sa performance, elle reçoit alors une lettre de Francis Ford Coppola qui lui propose le rôle féminin principal du film L’homme sans âge. C’était en 2007. Depuis, elle alterne films anglophones et germanophones dans lesquels elle se fait draguer un peu plus subtilement que dans Rush.

C’est qui, derrière la caméra ?

On pouvait raisonnablement douter de la capacité de Ron Howard à rendre réelle cette rivalité, lui qui venait alors d’adapter deux romans de Dan Brown, Da Vinci Code puis Anges et Démons. Deux films pas franchement convaincants, et qui contiennent des séquences de poursuites aussi palpitantes qu’une course d’escargots filmée par un hélicoptère. Surprise : il est plutôt sur la ligne Un homme d’exception ou Frost/Nixon, l’heure de vérité. Derrière la confrontation sportive des deux pilotes, ce qui intéresse Ron Howard et Peter Morgan, son scénariste, c’est la manière dont leur duel et leurs malheurs respectifs vont doucement les rapprocher.

Morgan est connu pour la méticulosité historique de ses scripts (le téléfilm Le Deal, les films Le Dernier Roi d’Ecosse et The Queen, par exemple). En bon auteur, il minimise ou surinterprète évidemment certains faits pour les rendre plus sexys (tout ceci est du cinéma), et Rush contient aussi quelques erreurs. Mais Niki Lauda lui-même, présent sur le film en tant que consultant technique, était épaté par la qualité finale : « Quand je l’ai vu pour la première fois, j’ai été impressionné qu’il n’y ait pas de scènes à la mode Hollywood. C’est très précis, c’est exactement, euh … Ça m’a vraiment surpris de manière très positive », lit-on sur la fiche Wikipédia.

Notons aussi la présence de Nina Gold en tant que directrice du casting. Son nom ne vous dira peut-être rien, mais elle est à l’origine de beaucoup de castings réussis, et notamment celui de Game of Thrones. Son nom est généralement synonyme de qualité de la distribution. Rush ne fait pas exception.

Y a du bon son ?

La musique est composée par Hans Zimmer, le roi des blockbusters américains, pas spécialement connu pour sa subtilité symphonique. Celle-ci est à l’avenant, plutôt passe-partout. On ne l’entend toutefois pas beaucoup au cours du film. Ron Howard fait la part belle au bruit des moteurs.

Et ça roule ?

Oui. Des plans aériens, des plans du cockpit, des plans de la piste, des plans du moteur… Howard multiplie efficacement les angles et les prises de vue pour nous faire vivre au mieux les courses et le combat qui s’y joue.

Un plan à retenir ?

Celui où l’on découvre que Jacques Laffite, l’une des voix historiques de la F1 version TF1, était un personnage secondaire du dernier Grand Prix de la saison 1976. Sacré Jacquot !

En bref, c’est quoi ton avis ?

Du très bon cinoche. On disait la semaine dernière que La couleur de l’argent en restait au stade du (bon) film de sport. Rush, lui, parvient à décoller. L’amour, l’amitié, la mort y sont subtilement convoqués, comme autant de facteurs à même de rendre le duo Lauda/Hunt plus vulnérable, et donc plus humain.

Le film est visuellement magnifique, garni de couleurs chaudes, offrant plusieurs plans de circuits dans lesquels la lumière tente de percer à travers les nuages orageux. Sublime.

Et avec qui tu me recommandes de le regarder ?

Alain Prost : 5/5

Charlotte Brontë : 2/5

Elizabeth Taylor : 0/5

Richard Burton : 3/5

Tim Burton : 1/5

Tim Hardaway : 1/5

Geddy Lee : 1/5

Willow : 0/5

DVD et Blu-Ray édités par Pathé

D’autres avis du vendredi sur d’autres sports : baseball, basket, billardboxe, échecs, équitation, golf, patinage artistique, pétanque.

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